Soudage réussi de l’inox : les caractéristiques essentielles à connaître

Le soudage de l’acier inoxydable mobilise des compétences spécifiques. La résistance à la corrosion de l’inox repose sur une couche protectrice fragile, sensible aux erreurs de mise en œuvre. Comprendre les propriétés du matériau, choisir le bon procédé, maîtriser les paramètres et respecter les référentiels vous permettent de livrer des assemblages durables. Découvrez les caractéristiques essentielles pour réussir vos opérations de soudage de l’inox.

Les propriétés de l’acier inoxydable en soudage

L’acier inoxydable se décline en plusieurs familles dont les comportements diffèrent sous l’arc électrique. Les nuances austénitiques, riches en chrome et en nickel, offrent une excellente résistance à la corrosion, mais présentent une dilatation thermique élevée. Les ferritiques supportent mieux les chocs thermiques, tandis que les martensitiques exigent des précautions pour éviter la fissuration. Enfin, les duplex combinent structure austénitique et ferritique.

La tenue à la corrosion repose sur la couche de passivation formée par le chrome en surface du métal. Lorsque vous soudez des pièces inoxydables, la zone affectée thermiquement subit des transformations qui fragilisent cette protection. La sensibilisation, précipitation de carbures de chrome, réduit localement la résistance. Limitez l’apport de chaleur et privilégiez des nuances stabilisées pour les pièces exposées. Les risques typiques incluent la déformation du corps de l’assemblage, la fissuration à chaud, la perte d’aspect par oxydation et la dégradation de la résistance. Pour les maîtriser, surveillez :

  • la propreté des surfaces,
  • la qualité de la protection gazeuse,
  • l’énergie linéique,
  • le choix du métal d’apport.

Aligner matériau, préparation et méthode constitue la base d’un soudage fiable de l’inox.

Choisissez le procédé de soudage adapté à vos pièces en inox

Le choix du procédé dépend de plusieurs critères, à savoir l’épaisseur des pièces, l’accessibilité du joint, l’exigence esthétique, la productivité et la position de soudage. Évaluez chaque méthode en fonction de votre environnement d’atelier et de votre poste de travail.

Le procédé TIG assure une maîtrise fine de l’arc et du bain de fusion, avec une protection gazeuse optimale. La torche TIG permet de souder des tôles fines sans apport ou avec un fil manuel, ce qui limite les déformations. Le rendu esthétique reste excellent. Le procédé MIG convient quant à lui aux épaisseurs moyennes et aux cadences soutenues, avec un apport continu de métal. Le soudage à l’électrode enrobée offre une polyvalence en position et sur chantier.

Pour une tôle fine ou un tube apparent, privilégiez le TIG. Pour un assemblage structurel à cadence élevée, orientez-vous vers le MIG. Pour une réparation en position difficile, l’électrode enrobée reste robuste. De plus, la qualité des consommables conditionne le résultat. Vérifiez la compatibilité du gaz de protection, des électrodes et des fils avec la nuance d’acier inoxydable à souder. Vous pouvez consulter cette gamme de soudure inox pour identifier les références adaptées. Enfin, la préparation des bords et le réglage du poste électrique complètent cette sélection.

soudure inox

Quels critères garantissent une soudure de qualité ?

La préparation des surfaces constitue la première étape. Dégraissez pour éliminer huiles et graisses, puis décapez pour retirer les oxydes. Supprimez toute contamination ferreuse, car elle compromet la résistance à la corrosion. Ajustez les bords avec précision et réalisez des pointages discrets pour maintenir l’alignement du corps de l’assemblage. Les réglages du poste électrique déterminent la qualité du cordon de soudure :

  • adaptez l’intensité à l’épaisseur et au diamètre de l’électrode,
  • réglez la vitesse d’avance pour maîtriser la pénétration,
  • contrôlez la longueur d’arc pour stabiliser le bain,
  • choisissez le gaz et son débit pour protéger contre l’oxydation.

Limitez l’apport thermique pour préserver les propriétés du métal de base. Les défauts fréquents signalent par ailleurs un déséquilibre dans vos paramètres. Les porosités révèlent une protection gazeuse insuffisante. L’oxydation visible indique un manque de gaz ou une vitesse excessive. Un manque de pénétration traduit une intensité trop faible. La sous-coupe résulte d’une intensité excessive ou d’un angle de torche inadapté. Les déformations apparaissent lorsque l’énergie dépasse la capacité du corps de la pièce à dissiper la chaleur.

Respectez les normes et les bonnes pratiques du soudage de l’inox

Les référentiels encadrent la qualification des soudeurs, les modes opératoires et les exigences qualité. Ils relient compétences, procédures et contrôles pour sécuriser la conformité. La documentation facilite la traçabilité et la gestion des responsabilités.

Les normes applicables varient selon le contexte : construction métallique, tuyauterie, agroalimentaire, équipements sous pression, etc. Vérifiez donc le texte pertinent à votre projet. La norme ISO 5817 définit 3 niveaux de qualité (B, C et D) pour couvrir un large éventail de fabrications soudées. Ceux-ci fixent les seuils d’acceptation des défauts selon l’usage final, ce qui vous aide à calibrer vos critères de contrôle.

Les bonnes pratiques en atelier renforcent la maîtrise du procédé. Stockez tout d’abord les consommables à l’abri de l’humidité et prévenez la contamination croisée en dédiant des outils aux travaux en inox. Protégez ensuite les cordons pendant le refroidissement et réalisez un décapage ou une passivation si nécessaire. Enfin, assurez une ventilation adaptée et portez les équipements de protection requis. Les contrôles incluent l’examen visuel, le ressuage pour détecter les fissures, ainsi que la radiographie selon les exigences. Combinez procédure, compétence et contrôle pour livrer des soudures conformes.

Maîtriser le soudage de l’acier inoxydable repose ainsi sur la compréhension des propriétés du matériau, le choix raisonné du procédé, le réglage précis des paramètres et le respect des normes. Chaque étape, de la préparation au contrôle final, contribue à la durabilité et à la résistance à la corrosion de vos assemblages. Nous vous encourageons à documenter vos pratiques, à former vos équipes et à vérifier régulièrement la conformité de vos opérations.

Sources :

  1. ISO 5817:2014 Welding — Fusion-welded joints in steel, nickel, titanium and their alloys (beam welding excluded) — Quality levels for imperfections – ISO, 2014. https://www.iso.org/standard/54952.html

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